20 ans au CHR Namur
    20 ans au CHR Namur


03 décembre 2008
destinataire CHR NAMUR
Avenue Albert 1er, 185
5000 - Namur


Cher Destinataire,

EN BONNES MAINS .... DEPUIS 20 ANS !

C'est de 'main de maître'... que le Dr Depierreux, tenait une conférence ce 3/12 dernier sur Les 20 ans de chirurgie de la main au CHR de Namur .
Discipline à part entière, la 'microchirurgie' est née fin des années septante grâce à la remarquable évolution des techniques de chirurgie ( microscope opératoire ) et d'anesthésie ( loco - régionale ) ainsi qu'à la miniaturisation du matériel ( fils, aiguilles, pinces, prothèses...) et au constant développement des examens de diagnostic ( RX, IRM, échographie, électromyographie...).

La microchirurgie, chirurgie fine par excellence, est foncièrement différente de l'orthopédie qui jusque là prenait en charge les traumatismes et pathologies de la main .

Comme le faisait remarquer le Dr Depierreux, avec un brin d'ironie : ' la microchirurgie est à la haute couture, ce que l'orthopédie est à la confection ' ...et de conclure, sur un ton malicieux : 'si la finesse et les longues heures de travail étaient comparables au labeur des grands noms ...la rétribution et la reconnaissance étaient paradoxalement dérisoires'

En d'autres termes : " Microchirugie = micro-honoraires !!!!
Force est de constater qu'il ne faut pas 'avoir un poil dans la main' pour embrasser cette carrière .

Le Dr Depierreux, orthopédiste et licencié en médecine d'expertise, débuta sa formation de microchirurgie à l'ULG au centre 'SOS Mains' de l'hôpital de Bavière en 1980.
Durant 8 ans, il 's'est fait la main' pour maîtriser au mieux cette nouvelle discipline. A cette époque, les chirurgiens qualifiés 'se comptaient sur les doigts de la main' . C'est donc tout naturellement que la clinique Saint-Camille de Namur fit appel à son expérience en 1988 pour 'prêter main forte' au service d'orthopédie.
Manifestement, au vu de ses prestations en constante évolution, le CHR se félicite d'avoir crée une unité de chirurgie de la main et de microchirurgie et ne 's'en mord pas les doigts' ...à juste titre !

Quelques chiffres : de 0 à 5000 consultations par an et environ
1000 interventions par an en 20 ans d'existence ! Ces chiffres parlent d'eux-mêmes! Aussi, cet anniversaire coïncide avec l'arrivée d'une nouvelle collaboratrice, le Dr Hurlet, pour 'un coup de main' bien nécessaire.

L'exposé du Dr Depierreux 'mettait le doigt' sur l'importance de garder à tout prix la fonctionnalité de cet organe du toucher et de préhension qu'est la main.
C'est 'avec doigté' qu'il démontrait l'évidente vulnérabilité de cet organe, 'outil' précieux et indispensable dans tous nos gestes quotidiens. En plus de la traumatologie avec les accidents domestiques ( plaie par bris de verre, doigt écrasé par un marteau ou une porte, doigt coupé par la tondeuse...) et les accidents de travail ( coupure, brûlure, fracture...), toute la pathologie de la main, aussi diverse que spécifique, fut passée en revue.
Allant des malformations congénitales du nouveau-né aux maladies dégénératives en passant par les maladies canalaires (syndrôme du canal carpien, du canal de Guyon...), la maladie de Dupuytren mais aussi les tumeurs...

Le Dr Depierreux ne 's'était pas mis le doigt dans l'oeil' sur l'attention de l'auditoire en illustrant toutes ces maladies par des photos personnelles de grande qualité . Faut-il le rappeler : le Dr Depierreux est coutumier de l'usage des optiques puisque tant les lunettes grossissantes que le microscope opératoire sont essentiels à son activité pour distinguer les fines structures ( nerfs, artères, veines) qui constituent la main. Le Dr Depierreux n'a pu qu'insister auprès des médecins généralistes présents sur l'importance de ne pas négliger une plaie de la main si banale soit-elle, tel qu'un panaris par exemple, sous peine d'évoluer vers la catastrophe (amputation) et finir en 'doigt pour le chat' ( toujours de garde...) .

Ainsi, loin de 's'en laver les mains', le Dr Depierreux a clairement rappelé qu'à chaque pathologie, il y a une solution à envisager et que le but essentiel demeure la reprise de la fonctionnalité de la main le plus rapidement possible.
Il n'a pas manquer de souligner l'intérêt de travailler 'main dans la main' avec les différents acteurs des soins de santé:

- un bilan initial bien conduit par le médecin traitant étant capital
- un diagnostic précoce établit à l'aide de l'imagerie et de lélectromyographie constituant un atout majeur
- un traitement efficace dispensé par un chirurgien spécialisé 'aux doigts de fée'
- un cadre adéquat incluant un matériel adapté à la microchirurgie
- une rééducation complémentaire confiée aux mains expertes des orhésistes et kinésistes
- un suivi en consultation pour des plâtres et des pansements de qualité effectués en 'un tour de main' par les 'premières mains' (infirmières) au combien appréciables mais trop peu nombreuses...
- un patient collaborant obéissant 'au doigt et à l'oeil' aux recommandations de chacun

En conclusion, une 'prise en main' rapide dans un cadre optimal ne peut qu'être favorable à une bonne évolution et une reprise de la fonction.
La plupart des interventions se déroulent en hôpital de jour grâce aux anesthésies loco-régionales diminuant ainsi considérablement les dépenses à charge du patient et de l'INAMI..
On ne peut donc qu 'applaudir des 2 mains' cette mise au point sur l'évolution de cette discipline de pointe devenue incontournable ! Le Dr Depierreux 'croise les doigts' pour que le CHR de Namur devienne un centre de référence en la matière pour la Wallonie. 'Mon petit doigt m'a dit' qu'il n'était pas exclu que l'on fête tout aussi dignement les 40 ans de microchirurgie au CHR ... avec 'un doigt de champagne' .

Il convenait sans aucun doute de remercier tous ceux et celles qui n'avaient pas hésité à 'mettre la main à la pâte' pour que cette présentation remporte 'haut la main' le succès escompté .

Terminons par les souhaits du Dr Depierreux pour l'avenir :
-qu'il puisse 'garder l'affaire en main' avec toute la rigueur qu'on lui connaît...

- diriger ce service 'd'une main de fer dans un gant de velours' ...histoire de ne pas 'en venir aux mains' avec ceux qui voudraient 'faire mains basses' sur ce secteur!
- rappeler qu'il a crée ce service de 'ses propres mains' et quiconque osera 'mettre un doigt dans l'engrenage' sans y être invité se fera 'taper sur les doigts'...
- 'garder la main' pour cette chirurgie difficile
- 'passer la main' le plus tard possible...
- essayer d'avoir 'la main verte' pour ne pas vivre sa retraite 'les mains dans les poches'
- créer le prix 'des mains en or' ... (on peut rêver !)

Une collaboratrice des premières heures... unis comme... 'les doigts de la main'.

Cordialement,

Véronique Maertens

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© Luc Depierreux 2019
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